11 septembre 2010

Eurostar story

Pour une fois pas de revue de presse après un aller retour Londres mais une tranche de vie...

Jeudi, 8H00 du mat, j'ai des frissons...j'arrive dans le train pour m'apercevoir que je suis dans le sens inverse de la marche...cela commence bien, cela me rend malade...

En face de moi, une anglaise à l'air sévère over-lookée, me jette un regard noir qui empêche toute tentative de déplaçage sous peine d'être mitraillée voire lapidée dans la voiture complètement full... je prends sur moi et m'installe confortablement en essayant d'éviter de lire ma tonne de revues qui aurait pu alimenter ma revue de presse mais la perspective d'avoir mal au coeur a raison de mes pulsions modesques...

Que me reste-t-il donc à faire ? scruter avec désinvolture et discrétion  la mégère qui se trouve en face de moi ...

Cheveux noirs corbeau brillants (très beaux au demeurant ), lunettes oversize Wayfarer-like, et rock-and-roll attitude ( jean noir de biker matelassé aux genoux, T-shirt noir loose avec un message détournant le n°5 de Chanel, et joli perfecto en cuir fin très souple) la panoplie de la fashion victim par excellence...

Pendant les deux heures et demi de trajet, pas un sourire de décoché, quelques gros soupirs poussés, dix fois mes repetto piétinés ( sans excuses) par ses converses Glitter...je ne devais décidément pas trop lui plaire avec mon look de cadre qui bosse dans une boîte du CAC 40 ( pourtant j'avais un jean brut avec une veste noire cintrée et petites ballerines noires...pas un look de coincée non plus quoi...)

Au bout de cinq minutes de voyage, elle sort son ordinateur Vaio, et un gros dossier libellé Isabel Marant Collection Etoile, contenant moultes factures qu'elle s'efforca de rentrer dans son ordinateur méthodiquement et imperturbablement...ce qui aiguisa un peu ma curiosité évidemment...

Je me suis alors demandé si 1/ elle était contrôleur de gestion  2/ Commerciale chez Isabel Marant ou  3/ acheteuse chez Selfridges et mon esprit romanesque me pousse à pencher pour la troisième solution. C'est tellement plus glamour. Et là revient à mon esprit tous mes fameux discours sur le jeunisme et tout le toutim de l'année dernière...Peut-on assumer son côté djeuns et fashion victim de l'extrême jusqu'à 50 ans ? Franchement je ne sais pas quel âge elle avait , mais son côté sévère accentuant un peu les choses, je l'aurais situé dans ses late forties...Et là je trouve absolument plus intéressant à cet âge là d'avoir une élégance plus intemporelle et marquée par son style à soi que d'être l'ambassadrice de tous les clichés fashion du moment...

Cerise sur le gateau quand le plateau repas arrive , elle observe scrupuleusement ses couverts et les essuie un par un avec la serviette en papier...ne seriez vous pas un peu toquée milady ???

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Posté par flaney à 13:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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